La vérité sort de la bouche des enfants

Les enfants ont tout de même l’art 

de vous balancer des vérités en pleine gueule. 

C’est merveilleux. 

Je réglais un course en cash devant les Jujutrépides l’autre matin, lorsque j’ai vu Tancrède regarder attentivement les quelques billets passer de mes mains à celles de la caissière. 
Il m’a ensuite observée ranger ma monnaie, toujours en silence. 

Je sentais qu’il réfléchissait profondément et qu’il avait quelque chose à me dire. 
C’est lorsque nous avons commencé à marcher qu’il a levé son visage pour me parler : 

– “Maman ?”

– “Oui chéri ?”

– “Pourquoi est ce que quand on travaille ou qu’on achète des choses, c’est toujours avec des sous ‘kon paye ?”

A cet instant, je sens que la matinée sera longue. 
– “Et… Bien… C’est ce qu’on a trouvé de mieux pour… Les échanges. On travaille pour recevoir un salaire à la fin du mois. On achète ce dont on a besoin avec de l’argent. Comme ça, c’est plus facile.”

– “Mais, c’est pas facile du tout. Il faut fabriquer des pièces et des billets… Il faut s’fatiguer à travailler pour qu’on nous en donne… Pourquoi c’est toujours avec des sous k’il faut payer, et pas avec autre chose comme des gâteaux ou des billes, par exemple ?”

– “… C’est possible bébé, ça s’appelle le troc. Pendant très longtemps c’est comme ça qu’on a fait, d’ailleurs, avant d’inventer les sous. Mais tes billes et tes gâteaux, il faut bien des sous pour te les acheter ? “

– “Oui… Mais m’man, r’garde, c’est facile : tu commences par créer des choses toi-même, des choses qui coûtent rien, comme faire pousser des légumes ou faire grandir des poussins, et avec plein de trucs comme ça, tu échanges des trucs plus gros.”
A ce stade, je marche en silence dans la rue, réfléchissant à la question-piège du jour, posée par mon fiston. 
Voyant que je ne lui répondais pas tout de suite, il a alors enchainé : 

– “Oui, maman, comme ça ‘y’a plus b’soin de travailler, et comme ça, papa, y’ pourrait être plus souvent avec nous…” 

#BAM
#VoilàVoilà
#EtBonDébutDeSemaineAvous



Découvrir la randonnée de Karbonkelberg

La randonnée que je vous propose 
de découvrir aujourd’hui 

est probablement l’une de celles 
qui offrent les plus belles vues

sur la côte atlantique du Cap ! 


La balade de Karbonkelberg débute sur les hauteurs du port de Hout Bay – tout au bout de Bay View Road – et vous demandera entre trois et quatre heures de marche, pour un petit dénivelé de 250 mètres. 


L’aventure débute par une vue panoramique sur la baie et sur The Sentinel, le pic montagneux qui la surplombe :


Rapidement, c’est la route qui serpente vers le sud de la péninsule du Cap, jusqu’à Chapman’s Peak et la plage de sable blanc immaculé de Noordhoek, qui se dessine à l’horizon, jusqu’au phare de Kommetjie :

Scène d’un incendie terrible il y a deux ans, la nature a repris ses droits, des tâches colorées émergeant au milieu des champs d’arbres de protéas calcinés :

Table Mountain Watsonia, de la famille des iris, cette plante peut mesurer jusqu’à 1,70m de hauteur.
Elle fleurit particulièrement fort après les incendies. 
 

Protéa, Grey Tree Pincushion. 
Sickleleak Brightfig, de la famille des plantes grasses, elle s’ouvre et se ferme en fonction de la lumière. 
Lilac Powderpuff, de la famille des Lilas.
Blue Sceptre, de la famille des Iris.  
Waxy Satyr Orchid, l’une des plus grandes orchidées sauvages d’Afrique, elle peut attendre 80cm. 
Sand Primrose, de la famille des primevères. 

Une fois arrivés au sommet, c’est l’autre coté de la façade atlantique que l’on peut admirer, celle qui remonte vers le nord de la péninsule avec la plage de Llandudno, celle de Camps Bay, et tout au fond, l’emblématique pic rocheux de Lion’s Head :


Avant de redescendre par le même chemin, le promeneur peut aussi y découvrir les ruines d’une ancienne station radar, construite en 1944 durant la Seconde Guerre Mondiale afin de permettre aux alliés de repérer les sous-marins ennemis de passage dans la région. 

Bonne balade !

L’assommoir

Il faut dire ce qui est :

les dents qui poussent et le moment du coucher

n’ont jamais été un réel problème avec nos Jujutrépides.


Vous me direz : c’est bien normal, on ne peut pas vivre continuellement et exclusivement dans les emmerdements.
Il faut bien, parfois, que la vie nous accorde quelque répit et nous fasse quelques fleurs.

C’est la raison pour laquelle mon degré de patience – déjà naturellement ras des pâquerettes – atteint généralement un niveau dramatiquement bas sur les coups de 19:30 : n‘ayant jamais eu à subir la sérénade du soir semble-t-il assez courante chez les enfants – celle qui consiste à exiger de leurs parents qu’ils reviennent cent fois les embrasser, les accompagner aux toilettes ou leur faire boire de l’eau, avant de repasser par la salle de bain – ma tolérance pour ce petit jeu atteint donc ses limites relativement rapidement. 

Il semblerait que les garçons y aient pourtant recours ces dernières semaines, ressentant visiblement le besoin de prolonger plus que de raison nos derniers échanges nocturnes.

Comme toujours assez ingénieux, et ayant compris que les excuses habituellement utilisées en pareilles circonstances n’auraient que peu d’efficacité sur leur coriace de mère, mes maléfiques fistons ont trouvé la parade pour contenir mon énervement croissant, concentrant leurs exigence sur… 
La lecture. 

– “Oh mamaaaaaan, SIIIII-TE-PLÉÉÉÉÉÉÉ, lis nous encore une autre histoire !”

– “Non, les garçons, ça fait une demie heure que je lis, on en est au troisième livre, C’EST FINI MAINTENANT, ALLEZ VOUS COUCHER !”

– “Oooooh… Maman… Mais si tu veux qu’on apprenne bien à lire, Y’ FAUT nous lire des zistoires !”

L’autre soir, alors que j’en étais au 5ème tome des aventures de Loup, m’est soudainement revenue en tête une plaisanterie qu’il me démangeait de mettre en pratique…

#LireOuDormir
#EduquerOuAvoirLaPaix
#BoireOuConduirellFautChoisir

La magie des Jumeaux

Nous dinions l’autre soir 
au bar de la cuisine, 

tous les trois. 


Lorsque Trystan s’est soudainement écrié : 

– “Mamaaaan ?! C’est quoi des beaux parents ?
C’est des papas et des mamans qui sont beaux ?”

Je laisse échapper un petit sourire en coin. 

– “Non mon amour, des beaux parents, ce sont les parents de la personne avec qui tu es marié.”

– “Ah. Et nous, quand est-ce qu’on en aura, alors ?”

– “Bin quand, ou si, vous vous mariez un jour.”

– “Ah ok. Et nos tantes à nous, c’est qui ?”

Je comprends alors – ou j’imagine – qu’ils doivent être en pleines révisions des liens familiaux à l’école. 

– “M’enfin les gars, vous la connaissez votre tatie, non !?”

– “Ah bah oui c’est tatiStèffff’ !!! Et tonton Marco.”

– “Bin voilà…”

– “Et c’est tout, on n’en a pas d’autres ?”

– “Ah et bien… Non mon coeur.”

– “Et pourquoi on en n’a pas plus ?”

– “Parce que votre papa n’a pas d’autres frères et soeurs et maman non plus. Voilà pourquoi.”

– “Ooh, mais c’est horrib’ ça !? T’as pas de frère ni d’soeur, toi ?!”

Je suis assez stupéfaite de découvrir qu’il leur a fallu six longues années pour que l’information parvienne à leurs cerveaux respectifs. 

– “Mais les garçons, vous le saviez quand même, ça !?”

Intervention très sérieuse de Trystan :

– “Eh, maman, alors, comment t’as fait pour réussir à grandir toute seule, toi ?”

Subitement, je me sens perturbée par sa question. 

Oui je me suis toujours demandé comment ça faisait d’avoir des frères et soeurs. 
J’ai assez régulièrement regretté d’être fille unique. 
Mais l’on s’habitue à tout, surtout lorsqu’on n’a jamais rien connu d’autre, et grandir en étant le centre de son monde parental a ses avantages… 

Face à mon silence pensif, mon fiston s’exclame alors : 

– “Pfiouuu… En tous cas, heureusement, nous avec Tancrèd’, on est venus à deux.”

#AhBahTantMieuxAlors

#LaMagieDesJumeaux


What’s your name ?

Je m’émerveillais l’autre jour 

de cette capacité qu’ont les enfants. 


Celle de jouer des heures durant, des jours entiers avec d’autres bambins… 
Sans même penser un seul instant à leur demander leur nom

J’avais été très agréablement surprise en arrivant en Afrique du Sud il y a trois ans, par cette habitude qu’ont les habitants de Cap lorsqu’ils se présentent, d’entamer la discussion non pas comme en France quasi systématiquement sur le métier de chacun – le fameux “Tu fais quoi dans la vie ?” – mais plutôt sur le quartier d’habitation. 
Certes, celui-ci est un marqueur social comme un autre, mais il a l’avantage de faire débuter l’échange sur une base plus détendue et d’ouvrir la porte à des sujets plus légers et plus en rapport avec la qualité de vie et les loisirs. 

Les enfants font donc encore plus fort, en se passant carrément du patronyme :

Je surveillais l’autre weekend les Jujutrépides du coin de l’oeil en lisant mon roman policier, lorsque j’ai entendu à de multiples reprises “Tom, Tom ! Hey, Tom ! Heyyyyy Toooooom !”

Ma curiosité piquée au vif, je réalise que c’est la petite fille avec laquelle Tancrède fait du trampoline qui s’époumone ainsi pour attirer son attention.
A ma grande surprise, mon fils s’est approché d’elle répondant à cette nouvelle appellation. 

Le soir venu, j’entame donc la conversation avec lui : 

– “Alors mon coeur, tu t’es bien amusé aujourd’hui avec tes nouveaux amis ? “

– “Oui m’an, c’était super !”

– “Ah génial. Et alors cette grande fille avec qui tu jouais tout à l’heure, elle avait l’air gentil. Elle avait au moins trois ans de plus que toi. Comment s’appelle-t-elle ?”

– “J’sais pas.”

– “?! Mais tu viens de passer la journée entière avec elle, chéri, comme est-ce possible que tu ne lui aies pas demandé son prénom ?”

– “Bin… J’ai pas pensé à lui poser la question, puisqu’on jouait !”

– “Ah !? Bin dis donc… C’est pas très civilisé tout ça !”

Je réalise que c’est probablement de vivre intensément leur vie, absolument dans l’instant, qui pousse les enfants à agir ainsi. Et qu’il y a quelque chose de fort et de gratuit dans leur attitude, entièrement tournée vers l’autre, pour ce qu’il est et ce qu’il partage avec soi, plus que pour ce qu’il représente. 
Pas d’étiquette ou de préjugé. Juste des moments partagés. 
Du coup, j’enchaine :

– “M’enfin c’est pas si important, en fait. Juste, tu peux me dire pourquoi elle t’appelait Tom ?”

– “Ah oui. Bin, a un moment donné elle m’a demandé mon nom. Elle s’est entrainée, mais elle a pas réussi à prononcer TAN-CR-ÈDE. Alors finalement, elle m’a appelé Tom. Ça, elle y est arrivée, alors j’lai laissée.”

#NoName
#LeSensDesPriorités

Découvrir le Dog’s Bollocks at Yard

Oui, je sais, 

le nom est étrange… 


Mais en fait, ça va très bien avec le reste !


Je ne sais même pas si on peut appeler ça un restaurant. 


Situé au fond d’un garage tout en longueur, au bord d’une ruelle du centre ville, ce lieu de caractère follement sympathique empiète sur le trottoir au 6 Roodehek Street, juste à côté du Lycée français. 

Le Dog’s Bollocks c’est un vrai diner américain, à la sauce sud af’ : un fastfood, certes, mais de qualité !

Déco kitch, musique rock à fond, simple et drôle, confortable, cosy et chaleureux, on y mange très bien une cuisine qui ravit les mecs et les petits, et pour peu qu’on ait envie d’un bon burger ou d’une pizza à tomber parterre, la majorité des nanas peuvent aussi y trouver leur compte.

Lorsqu’on s’installe, on commence par inscrire son nom au tableau, comme ça, pas d’énervement : votre commande passe exactement et précisément dans l’ordre où vous êtes arrivés !

Quand c’est prêt, la serveuse hurle alors le prénom du capitaine de table et chacun vient chercher ses plats au bar ou se signale dans la salle.

Petits-déjeuners super copieux.
Sandwichs, quesadillas et tortillas mexicaines le midi.
Chicken wings, hamburgers et pizza le soir.

J’insiste sur leurs pizzas : sans vouloir m’avancer de trop, j’hésite à parler de “la meilleure du Cap”.
Vous avez le choix entre 4 pâtes – évidemment faites maison et cuites au feu de bois – plus ou moins fines ou gonflées. Elles sont servies selon un merveilleux rituel : sur un plateau, accompagnées de toutes les huiles d’olives, pimentées dont on peut rêver, d’olive, de tomates et de petits légumes supplémentaires.
Mention spéciale pour celle à la mozzarella di bufala truffée…

Pour ne rien gâcher – et définitivement prévoir un footing de cinq heures le lendemain – le mojito est absolument à la hauteur.

L’accueil est gentil et le service ultra détendu, drôle, plein d’esprit et vraiment sympa avec les enfants. 

Pour couronner le tout, les prix sont tous doux. 

Bon appétit ! 

Le métier qui rentre

Mon coeur 

a fait un bond. 


Nous partions en week-end en famille la semaine passée, roulant sur l’autoroute, lorsque Trystan nous annonce tout de go :

– “Vous savez, papa, maman, à l’école… Y’a des enfants qui m’tapent…”

Je me retourne violemment de mon siège, prise d’une angoisse soudaine dans la poitrine.

– “?!?! Comment ça on te tape ?! QUI te tape, chéri !?”

– “Des enfants… De l’école…”

– “Mais enfin Trystan, pourquoi tu ne nous en as pas parlé avant ?! C’est TRÈS important mon amour ces choses là, il ne faut jamais attendre ! Il faut tout de suite demander de l’aide !”

– “Nan… Mais c’est nouveau…”

– “… Explique-nous, qui sont ces enfants, on les connait ?”

– “Oui…”

Je sens la colère monter en moi. 

– “Mais ! Trystan, dis nous, voyons !”

– “C’est Mark… Et Gus.”

– “?!?!?”

Je manque de tomber de ma chaise. 
Ses copains de classe. 
Merde. 
En plus, la mère du second gosse, c’est une super copine. 
Comment je vais faire pour aborder la question ?
Plongée dans mes pensées et dans la recherche du meilleur moyen pour lui en parler, je reste silencieuse. Mon fils reprend alors de plus belle : 

– “Oui. C’matin, y’ m’ont poussé dans la cour. Après y’ m’ont marché sur le bras et écrasé la tête parterre.”

– “QUOI!?!?!?
A ce stade, je suis au bord de prendre mon téléphone. 

– “Oui… Maman… Même k’y’ z’ont fait pire…”

Mon coeur bat la chamade, je ne suis pas sûre de réussir à supporter ce qu’il s’apprête à m’annoncer. 

– “Après ça… Et bin… Et bin… Et bin… Ils m’ont arraché la balle des mains !”

– “?!?!?!?! Mais ?!?!? Trystan ? De quoi tu parles ?”

– “Bin… On apprend le rugby main’nant à l’école en cours de sport.”

#Ouf
#CestLeMétierQuiRentre
#EtCestQueLeDébut
#WelcomeToSouthAfrica

Ne le dis à personne

Il y a quelques semaines de cela, 

l’un de mes fistons chéris est revenu 

à la maison très contrarié. 


J’ai mis plusieurs jours à comprendre de quoi il retournait.
Je vous passe les détails de mon enquête, mais globalement la problématique est simple : 

Après avoir partagé un secret TRÈS important – que je tairais donc ici – avec l’un de ces copains, celui-ci a rapidement brisé sa promesse en hurlant et en dévoilant la confidence à la totalité de la classe… 

Cette indélicatesse a particulièrement blessé mon sensible Juju d’amour, qui visiblement n’imaginait pas qu’une trahison pareille puisse exister. 

A tel point que sa merveilleuse maitresse a décidé d’aborder le sujet et d’en discuter avec les enfants. 

Nous en parlions nous aussi à la maison, plusieurs jours après l’incident, avant d’aller coucher les garçons, la question ayant visiblement beaucoup perturbée Trystan :

– “Tu sais maman, moi, plus JAMAIS j’dirai un secret à PERSONNE.”

– “Oh mon amour… Oui les secrets… Si tu veux vraiment être sûr que personne le sache, il faut le garder pour toi… Sinon il y a toujours un risque que les autres l’apprennent, c’est certain…”

– “Oui, et c’est horrib’ quand quelqu’un fait ça… Après t’as plus envie de parler à personne…”

Mon coeur se serre dans ma poitrine et à défaut de pouvoir alléger sa peine évidente, je presse mon fils fort contre moi.

– “Tu sais mon amour, c’est pas non plus parce qu’un jour quelqu’un n’a pas respecté sa parole que tout le monde est comme ça… Il y a des gens qui savent garder les secrets. Il faut juste savoir les reconnaitre.”

C’est là que Tancrède décide d’intervenir : 

– “Mais tu sais, maman, parfois, les secrets, y’ faut les dire quand même.”

Sans vraiment réfléchir, je réponds : 

– “Ah non, Tancrède ! Si quelqu’un t’a raconté quelque chose en te demandant de ne pas le dire, c’est très vilain de le faire quand même. Raconter les secrets des gens, ça peut faire beaucoup de mal. Regarde ton frère.”

Trystan prend alors la parole : 

– “Nan mais c’est vrai maman… Myriam ma maitresse elle l’a dit, en fait. Y’a des secrets, des fois, qui sont pas des vrais secrets. C’est juste que la personne elle t’a fait quelque chose de très mal et elle te dit de pas le dire, mais ‘faut l’dire quand même. Sinon elle va continuer et toi tu pourras pas t’défendre.”

Grand blanc dans la salle de bain, où nous nous trouvions. 

Je sens alors mon corps s’affaisser sur la marche où j’étais assise… 
Une colère intérieure montant dans ma gorge, un sentiment de culpabilité pesant soudain sur mes épaules. 

Comment ai-je pu passer à côté de cela ? 
Comment ai-je pu risquer de mettre mon petit garçon en danger, sans même m’en rendre compte, pire : en croyant bien faire et sous couvert de lui inculquer une valeur morale essentielle, j’aurai pu lui faire tant de mal…

Y’a pas à dire, il faut plusieurs adultes pour élever un enfant. 
Et heureusement que les maitresses sont là.

Les ultras (conservateurs)

Nous sortions l’autre soir 

avec les enfants au restaurant. 


Cela nous arrive parfois, le vendredi soir, lorsqu’ils ont été sages durant la semaine, histoire de leur montrer qu’on s’en est aperçus, leur père et moi. 

C’est en descendant de la voiture, dans laquelle j’étais montée avant eux, que Trystan s’est soudain immobilisé en me regardant. 
Ou plutôt en regardant mon pantalon : un jeans baggy super fashion (cette petite précision a son importance) légèrement déchiré au dessus du genou droit. 

Mon petit garçon est en pyjama, avec son petit col boutonné, les pieds dans des pantoufles bleu marine bien-comme-il-faut, debout, raide comme un piquet au milieu du trottoir, absolument silencieux, et fixe ma jambe. 

– “Bah Trystan, qu’est-ce qui t’arrive, chéri ?”

Silence. 

– “Youhou !? Trystan ?”, fais-je en lui passant ma main devant les yeux comme pour le sortir de sa rêverie. 

– “Maman ?”

– “Oui mon coeur, qu’est-ce que t’as ?”

– “Bin… Pourquoi il est tout cassé ton jeans ?”

Je souris du coin des lèvres, plein de souvenirs jaillissants tout à coup de mon esprit. 

Me revient en mémoire ce jour, je devais avoir quinze ou seize ans, où – privilégiée que j’étais – trouvant mon jeans propre et repassé sur mon lit de retour de l’école, et le dépliant pour le placer dans ma penderie, je me suis aperçu avec horreur… que ma chère maman avait reprisé avec un soin particulièrement zélé la totalité des entailles subtilement réparties sur le vêtement. 
Quelle poilade. 
Ça ne nous rajeunit pas.  

L’esprit encore occupé dans le passé, mon fils presse ma main dans laquelle il avait la sienne, afin d’attirer mon attention.
Il enchaine alors, sournois :

– “… C’est papa ki’ t’a pas donné assez d’sous pour un rach’ter un nouveau, c’est ça ?”

Je baisse mes yeux vers mon fiston, interloquée, tentant désespérément de garder mon calme : à ce stade, j’ai vraiment très envie de l’enfermer dans la coffre de la bagnole. 

En quelques secondes seulement, ce petit énergumène a réussi l’exploit impressionnant de me faire sentir à la fois vieille, démodée et pauvre. 
Et dépendante. 

A tous points de vue, les enfants sont d’un conformisme intellectuel traditionaliste et conservateur qui dépasse l’entendement. 

Vraiment. 

Découvrir Good Hope Farm

Envie de repos ? 

De déconnecter, 

au sens propre comme au figuré ?


Mais vous avez vos rejetons avec vous et rêvez d’un endroit peinard où vous pourriez lire un bon bouquin sans avoir à relever la tête toute les seize secondes pour vérifier qu’ils sont toujours vivants ? 

Prenez donc votre weekend et allez vous ressourcer à la ferme ! 


La Good Hope Farm se trouve à deux heures et demies du Cap, au beau milieu de nulle part, en plein coeur du Western Cape. 

Aucune connexion internet ni réseau téléphonique là bas. 
Juste le silence de la nature et le calme. L’apaisement. 

Situés au bout d’une piste en pleine nature, au pied d’un massif montagneux et de la Riviersonderend Nature Reserve, ce sont une dizaine de petits bungalows simples et spartiates, à l’ambiance traditionnelle afrikaner, qui sont répartis sur l’immense propriété. 

Certains – les Moutain Cottages – sont au bord d’une jolie piscine…

D’autres – les Dam Cottages – au bord d’un étang aménagé où il est possible de pêcher et de faire du canoë :



Partout, les animaux gambadent, libres de leurs mouvements : les cochons sont très présents (non, ça ne sent rien, la ferme est hyper bien entretenue), ainsi que les moutons. 

Mais l’endroit abrite aussi de nombreux animaux rescapés de mauvais traitements, comme des chevaux, un âne, des taureaux, des chiens, des chats, bref. 
En un mot : le paradis des enfants. 

Sur place, tout est équipé, mais il faut prévoir les courses pour vos repas, aucun restaurant n’étant disponible plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde. 
Sachez qu’en passant commande au préalable, ils vous fournissent la viande – de porc notamment – pour votre braai, garantie direct de la ferme. 
On vous propose aussi sur demande des paniers de picnics. 

Pour les plus grands, des chemins de randonnées sillonnent la zone. 

Dans un rayon de cinquante kilomètres, vous pouvez également découvrir le Springfield Estate, l’un des meilleurs vignobles d’Afrique du Sud :


Pensez donc à faire vos achats d’huiles d’olives et de miel à l’exceptionnelle ferme de Marbrin

Allez aussi profiter des sources naturelles d’eau chaude d’Avalon situées dans la ravissante petite bourgade de Montagu. 
Profitez-en pour visiter les usines de noix et fruits séchés du même nom qui font la fierté de la ville et amuseront (gaveront) vos bambins. 

Vous pouvez enfin y déjeuner à l’adorable Rambling Rose, un petit bijou d’épicerie-restaurant tenu par des passionnés de gastronomie et où tout est fait maison et où vous pourrez trouver toutes sortes de confitures, de sauces et de produits delicatessen. 


Bref, de quoi passer quelques jours sympathiques. 
Elle est pas belle la vie !?