No Sport

Nous discutions l’autre soir 

avec Trystan de sa journée d’école 

à la maison.


C’est alors qu’il s’est mis à me parler de ses cours de sport :

– “… Et là.. Et là… Bin, tu DOIS t’mettre à courir ! C’est FOU tu sais !”
– “Euh… Non, c’est ÇA le sport, mon amour !” lui ai-je répondu, un peu décontenancée. 

– “Nan mais maman, ça sert à kôâ le sport en fait ? Pourquoi on fait ça ? C’est drôle quand on doit jouer au ballon avec les copains par exemple, mais si c’est juste pour courir, ça sert à quoi ?”

Que lui dire, pauvre petit !?

Je n’ai moi-même jamais été capable de trouver la réponse à cette question, lorsque j’ai essayé à maintes reprises de me mettre au jogging, tentant désespérement de bénéficier de tous ces merveilleux avantages que semble retirer le reste de la population mondiale de cette pratique…

Je tente malgré tout de répondre sérieusement à son questionnement : 

– “Et bien… Voilà… Le sport c’est très important chéri.”

– “Pourquoi ?”

– “Pour garder ton corps en forme : c’est comme une machine, si tu ne l’utilises pas, il rouille, il se coince, tout ça. Alors que si tu le fais marcher souvent, tout roule bien. Et puis c’est bon pour le cerveau aussi, ça lui permet de penser à autre chose et de se reposer un peu de tout les autres trucs qu’on apprend durant la journée.”

– “Pfff…”

– “Mais, mon amour, t’aimes pas ça, toi le sport ?”

– “Bof. ‘Chui toujours le dernier à la course, alors ça m’énerve…

Il me semble déceler une pointe d’amertume et de tristesse dans sa voix. 

Je tente alors le tout pour le tout :

– “Ooooh, mon trésor, mais c’est pas grave ça ! L’important n’est pas forcément de terminer premier…!”, en mode “ta-mère-t’aime-quoi-qu’il-arrive-mon-trésor”

Retour à l’envoyeur : 

– “Nan mais maman, j’m’en fiche complètement d’ça, moi ! Mon problem’, c’est que ça m’fait MAL PARTOUT et K’J’AIME PAS ÇA !” 

#LeDigneFilsDeSaMère
#MonPauvreCoeur
#CestPasGagné

Découvrir le Mostert’s Mill

C’est TELLEMENT poétique,

les moulins. 

Non ? 


En cette veille de weekend, je vous propose de découvrir l’unique et dernier moulin hollandais encore en activité en Afrique du Sud : le Mostert’s Mill !


Installé en 1796 sur la ferme Welgelegen, il fut parmi les premiers moulins privés construits dans le pays, un an seulement après la prise de contrôle britannique qui mit fin à la domination hollandaise durant laquelle seuls les moulins officiels de la VOC – la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales, qui avait installé son comptoir au Cap – était autorisés. 

Son nom vient de la famille – Mostert – à qui a appartenu la propriété durant de longues années. 

C’est en 1873 qu’il cesse d’être utilisé avant d’être racheté avec tout le domaine par le richissime homme d’affaires et politique Cecil Rhodes en 1891. 


Laissé à l’abandon aux oiseaux, à la poussière et aux dégâts causés par les intempéries durant près d’un siècle, il fût restauré à l’identique pour la première fois en 1935, puis une seconde fois en 1995. 
De nombreuses pièces sont encore d’origine, comme par exemple la poutre centrale sur laquelle s’articule tout le mécanisme, recyclée de l’épave d’un bateau échoué sur les rives du Cap au 18ème siècle !
En plus d’être le dernier moulin en état de fonctionnement du pays, il est également l’un des seuls du monde encore actif et dont la machinerie est semblable à celles utilisées au Moyen Age en Europe. 
En effet, l’écrasante majorité des moulins historiques que l’on trouve aujourd’hui ont été restaurés et adaptés aux systèmes de fonctionnement modernes datant du 19ème siècle. 


Posé sur le bas côté de De Waal Drive sur la M3, l’autoroute qui mène vers le sud de la péninsule du Cap, il intrigue les automobilistes, comme la marque insolite d’un temps révolu… un peu anachronique.

Il mesure 7 mètres de haut pour 8 mètres de diamètre extérieur. Le bâtiment est fait en pierres et en briques, surmonté d’une toiture pouvant pivoter à 360°, permettant au meunier de placer ses quatre ailes voilées face au vent. 

Cette cage supérieure abrite le mécanisme du moulin : un arbre, un rouet monté dessus, un pignon solidaire de l’axe vertical qui actionne la meule de pierre qui broie les grains de blés – préalablement séparés de leur tige qui deviendra la paille pour le bétail – produisant ainsi la farine ! 
Il faut en moyenne 3 heures de vent pour moudre 10 kilos de farine, qui généreront 20 miches de pain. 

A la différence des moulins à eau dont le débit est réglable à l’avance, les moulins à vent nécessitent une présence et une surveillance humaine quasi constante, sous peine de voir le moulin stagner ou au contraire s’emballer sous la force du vent. 
(Je vous renvoie à la comptine pour enfants bien connue, du meunier qui roupille et du moulin qui va trop vite.)

Tenu et entretenu par des bénévoles passionnés, ce sont les dons privés, les abonnements – 50Rand annuel pour la famille – et la vente de farine – 20Rand le kilo – lors des journées portes ouvertes qui leur permettent de le maintenir en état de fonctionnement.  

La visite est vraiment intéressante, et particulièrement amusante à faire avec des enfants qui découvrent ainsi l’origine de cet aliment basique de notre alimentation, ainsi que l’un des plus traditionnels et vieux métiers du monde. 


Ce lieu pittoresque n’est ouvert que sur rendez-vous, ou de 10:00 à 14:30 le samedi, une fois par moisProchaine visite prévue le 10 février ! 



Made In China

La mode 

est décidément 

un éternel recommencement. 


Après les Pokémon en fin d’année passée, les bonnes vieilles billes sont de retour et ont le vent en poupe en ce moment à l’école de nos Jujutrépides. 

Naturellement, j’ai donc dû investir dans deux énormes paquets d’agates au coût exorbitant, afin de fournir à ma progéniture la mise de départ élémentaire avec laquelle ils peuvent maintenant s’adonner à leurs petits trafics habituels. 

L’autre soir, nous jouions sur la moquette du salon de télévision avec Trystan, lorsque je n’ai pu m’empêcher de lui dire : 

– “Heu… Chéri, regarde celle-là… C’est pas une bille, c’est une bulle de verre…! Tu t’es fait rouler mon amour !”

(Huhuhu… Je ris intérieurement de ma plaisanterie idiote. Rouler… Billes ? Okay…)



– “Mais NON maman, c’est une bille, j’t’assure.”

– “M’enfin chéri, les billes c’est rond, pour rouler… Sinon ça sert à quoi ?”

– “Nan mais maman, tu m’suis pas là.”

– “?!?!?”

– “Les billes c’est pas KEU pour rouler hein ! Y’en a, c’est juste pour êt’ jolies et les échanger contre d’autres.”

– “Euh… Ah… D’accord…”

Monnaie d’échange. Bon. Why not. 

– “Et pi’, c’est aussi pass’que nous on tire pas comme toi tu m’as montré là, avec les deux doigts qui visent, c’est HYPER difficile tu comprends. Nous on les jette comme ça, avec le pouce, c’est âchem’ôn plus simple tu wois.”

– “Je wois, je wois Trystan…”

Fichues nouvelles générations… Partisanes du moindre effort, me dis-je en moi-même avant de me rappeler la promesse personnelle que je me suis faite – éviter tant que possible de devenir une vieille conne – et de tenter de rattraper le coup avec mon fiston : 

– “Bon, ok, c’est une sorte de bille, alors si je comprends bien.”

– “EXACT maman ! Même que c’est une bille CHINOISE.”

– “Chinoise ? Mais qui t’a dit ça ? Et pourquoi elle porte ce nom là ?”

– “Bin, les copains à l’école, ils l’appellent comme ça. Bon c’est sûr, elle roule pas super bien et elle s’casse plus vite que les aut’, mais on les utilise quand même pass’que le papa de Zalan y’ dit qu’elles coûtent moins cher.”

– “?!?!?!?!?”

#MadeInChina
#LaRéputationDenfer
#JeRelèveOuPas?

Ce que les mecs savent faire (beaucoup) mieux que les nanas

Bon, 

les gars, 

perso, 

je vous recommande 

de lire ce post.


Pour UNE FOIS, j’explique pourquoi c’est VOUS qui avez raison, et pourquoi nous, les nanas, ne savons pas nous y prendre.

Ça n’arrive pas souvent, alors je serais vous, j’en profiterais. 

Oui, il faut l’avouer avec humilité et sérénité : sur certains trucs, les mecs savent beaucoup mieux y faire.

Je veux dire par là qu’ils se prennent en général moins la tête, notamment en terme d’éducation.
Naturellement, il s’agit de maintenir une forme d’équilibre entre les solutions de facilité et le devoir parental.

Mais je me disais l’autre jour en écoutant ma tendre moitié moquer mes obsessions maternelles diverses, qu’à bien y réfléchir, nous pourrions peut être effectivement nous en inspirer plus souvent. 
Histoire de nous alléger et de nous faciliter l’existence. 

Laisser, tôt, les gosses se laver ou s’habiller seuls, par exemple. 
Bon, bien sûr, il s’agira de ne plus trop regarder derrière les oreilles ni sous les doigts de pieds… Il faudra assumer l’étrange dégaine de notre progéniture… 
Mais quel temps gagné ! Quelle économie d’énergie ! 
Avec en prime, une responsabilisation plus forte des enfants. 

Cesser de s’agiter les neurones pour trouver de nouveaux menus toutes les semaines, chacun étant – cela va sans dire – parfaitement équilibré entre les fibres, les féculents, les légumes et les fruits frais, le laitage et les protéines. 
Certes, tout cela est et reste valable sous peine de finir avec une obésité infantile et des carences à gérer, mais enfin, deux fois par semaine (au lieu d’une fois par mois), bouffer de la pizza ou des pâtes n’a jamais tué personne, même sur le long terme. 
Enfin, j’crois. 

Décider de ne ranger la maison qu’une seule fois par jour. 
De préférence le soir. 
Et supporter durant toute la journée de voir le sol jonché de jouets, de feuilles, de bouts de ficelle, de gouttes de peinture et de trognons maronnasses abandonnés là durant l’un de ces (nombreux) moments d’égarement… 
Oui, c’est dur-très-dur, mais pensons-y : ça fait bien moins mal au dos.
Et puis ça laisse du temps pour faire d’autres choses plus intéressantes.
Et ça nous évite d’avoir à nous complaire inconsciemment dans un rôle de Sisyphettes domestiques des temps modernes. 

Evidemment, je vous raconte tout cela le plus sérieusement du monde. 

Mais je suis toujours bien incapable de l’appliquer.


Les mots qui finissent en ON

Nous attendions notre tour à la piscine, 

pour le cours hebdomadaire 

de natation des Jujurépides. 


Oui. J’ai enfin obtenu LE créneau que je convoitais, pour ceux qui me suivent depuis un moment et savent de quoi je parle. Donc maintenant, j’ai de la marge avant le début de la leçon.

Nous en profitions donc, comme chaque semaine, pour faire les devoirs des enfants. 

J’en étais avec Tancrède à son travail de lecture : des dizaines de mots dans lesquels se retrouve le même son. 

Ce jour là, il s’agissait du “ON”.

Raton, chaton, bouton, bâton, maison, disons, caneton, hérisson, toussa toussa. 

Tancrède, disons-le clairement, était moyennement motivé par l’exercice : il faisait, tant bien que mal, contre mauvaise fortune bon coeur, tout en regardant avec envie la petite fille assise parterre à quelques mètres de lui, qui s’éclatait avec les lego déposés là à l’attention des enfants qui ne manquent pas de poireauter avant leur cession. 

Il déchiffrait donc ses mots péniblement, lentement, s’y reprenant des dizaines de fois par syllabe et buttant sur chaque lettre alors même que nous avions passé la semaine entière à les relire. 

Je l’avoue, ce jour là, j’ai un peu perdu patience.

Je hausse la voix, exaspérée : 

– “Mais enfin Tancrède ! Tu as bien remarqué que TOUS CES MOTS finissent de la MÊME MANIÈRE, avec le son “ON” quand même, NOOOON !?!”

Je vois alors mon fiston chéri, tout contrit qui relève la tête vers moi, déconfit. 
Je regrette tellement de m’être emportée.
Pauvre gamin. Nous passons tous par là. J’ai manqué de patience et de compassion à son égard. Je tente de rattraper le coup : 

– “Pardon mon amour, c’est bête de ma part de m’énerver. Je t’aime. Tu vas y arriver, prends ton temps. Là, on travaille les mots en “ON”, oui ?”

– “Oui maman…”

– “Comment je peux t aider, tu crois ?” 

Et là, je vois comme une illumination subite, comme des étoiles, dans les yeux de mon fiston. 
Un éclair de génie, venu de nulle part. 

– “Non mais c’est BON maman !! Ça y est j’ai compris : tous ces mots… C‘est comme DOM PÉRIGNON !!!!”

#DompéCestDuBON
#ÇaFinitEnON
#EtTonPapaIlTravailleOù?
#OnAPeutEtrePousséUnPeuTropLoinLeBouchON

Découvrir La Tête

Jamais je n’aurai pensé 

vous recommander 

un restaurant comme celui-ci ! 

Et pourtant. 


La Tête est un petit troquet situé au 17 Bree Street. 

Comme son nom l’indique, l’inspiration y est française et l’on peut y déguster des abats. 

Pas franchement votre cup of tea ? 
Je vous explique pourquoi cela n’a aucune espèce d’importance, et pour quelle raison il vous faut absolument y faire un tour : 

La Tête, c’est l’histoire de deux frères sud africains, l’un financier l’autre chef entrainé dans les meilleurs restaurants londoniens, qui ont décidé de proposer une cuisine originale aux habitants du Cap. 
On mange merveilleusement bien à Cape Town, mais il est vrai que la proposition, si elle est excellente, est relativement toujours la même : une cuisine locale de saison et de très bonne qualité, fusion et semi-gastronomique.  

Ici, c’est différent. D’abord du fait des produits utilisés mais aussi parce que les plats proposés ont tous beaucoup de caractère. 
A vrai dire, la réussite de ce restaurant vient de sa capacité à allier avec succès des trucs tout à fait improbables : 
Un intérieur monochrome un peu frais, très art-déco, mais qui assure malgré tout une ambiance brasserie conviviale. 
Une cuisine roborative faite d’oreilles et de queues de cochon, de tripes, de foies et autres rognons ou langue de boeuf, mais aussi de très nombreux plats de la mer ou végétariens ultra savoureux et étonnants. 
Un service aux petits soins, un poil élégant, mais ultra chaleureux. 

Et c’est cet aller-retour permanent qui créer la – bonne – surprise !


Le menu est une liste de plats formats tapas 
à partager, malgré tout généreux.
Voici un petit aperçu, histoire de vous donner envie !

Une salade de céleri sous toutes ses formes.
Radis, fenouil, persil plat, câpres et moutarde à l’ancienne. 
Haricots blancs braisés, oignons nouveaux croquants, crème fraiche ! 
Poulpe aux câpres, au zetes de citron, fenouil, persil et huile d’olive
Bouillon de moules aux lardons, poireaux et petits légumes
à saucer sans modération.  
Coeurs de poulet et son gratin dauphinois, sauce au piment. 
Madeleines toutes chaudes, fraichement sorties du four !
A la douzaine ou la demie-douzaine, au choix.

Les prix n’ont rien d’excessif. Courrez-y !

Attention, ils sont ouverts du mardi au samedi uniquement. 


Bon appétit ! 


Les p’tits coquins

CP oblige, 

j’imagine…

on ne les arrête plus. 


Loin de moi l’idée de m’en plaindre ! 

Il s’agit d’un bonheur indicible, quand on construit sa vie grâce aux mots, de voir ses propres enfants s’assoir silencieusement sur un morceau de moquette, un livre à la main pour tenter de le déchiffrer.  
De les voir la tête à l’envers, le corps étendu en travers d’un bras de canapé, suivant les lettres du bout de l’index, concentrés comme si plus rien autour n’existait, essayer de lire le sens des phrases qui accompagnent les images. 

Tout a commencé il y a quelques mois de cela, lorsque l’école et leurs maitresses ont débuté leur apprentissage de la lecture. 
Depuis, tout y passe : panneaux d’affichage dans la rue, journaux, boites de céréales et autres étiquettes, livres d’art qui trainent sur la table-basse, livres ramenés de la bibliothèque de l’école… 

Mais depuis quelques jours, nos Jujutrépides semblent avoir jeté leur dévolu littéraire sur un nouveau type de lecture : les bandes dessinées. 

A tel point que je les ai retrouvés récemment, en pleine nuit, silencieusement allongés dans leur lit l’un à côté de l’autre en train d’observer les pages. 
Malgré mon bonheur, j’ai choisi d’intervenir et de jouer mon rôle parental : 

– “Bon les garçons ! Là, c’est plus possible mes amours.” 

– “Oh nooooon maman, laisse-nous lire !”

– ” Mais enfin mes chéris, il est dix heures du soir ! Demain, il y a école… Comprenez : je suis TRÈS heureuse que vous lisiez, c’est formidable ! Mais il y a un temps pour tout.”

– “M’enfin maman, c’est tellement GÉNIAL de lire, tu vas quand mêm’ pas nous zempêcher, n’est-ce pas ?” 

Là, mon sang ne fait qu’un tour. 
C’est louche, cette petite réflexion borderline chantage-affectif-sur-ton-point-faible… 
Elle cache quelque chose, c’est certain. 
Je décide de creuser :  

– “Hum… Et dites moi, les gars, je peux savoir d’où vient cet amour subit pour les bandes dessinées, dernièrement ?”

Je vois soudain mes fils rougir très légèrement et sourire d’un air un peu bêta. 
Trystan prend alors courageusement la parole pour me dire : 

– “Baaaah… C’est que… En fait… Tu wois maman… Y’a plein de jolies dames dans ces livres là !”

#Help!
#ChériFautKonPasseLaBibliothèqueAuPeigneFin

Le Petit Spirou…

Les hommes & le barbecue

Bien. 

Les hommes et le barbecue, 

on en parle ? 


Qu’il s’appelle Barbecue sur le continent américain et en Europe, Braai en Afrique du Sud, Masheweh au Moyen Orient et dans les pays arabes, Mangal en Turquie, Chachlyk en Europe de l’est, Fatapera à Madagascar, Dibi en Afrique de l’Ouest, Assado au Brésil… Dans pratiquement tous les pays du monde, c’est une institution. 

Surtout pour les mecs. 

Quoi ? 
J’en vois déjà qui froncent le sourcil, genre “attention cliché”, c’est-pas-vrai-y’a-des-nanas-qui-utilisent-le-grill-aussi, toussa toussa. 

On peut quand même essayer d’être un tout petit peu honnête, et s’accorder sur la réalité, lorsqu’elle est aussi flagrante, oui ? 

Le barbeurk – pardon ! Je voulais dire barbeuk évidemment… – c’est quand même largement un truc d’hommes. 

Je le constate chez nous, je le remarque chez 100% des copains, je le vois chez les voisins… Impossible de refuser l’évidence : le barbecue, c‘est le rituel quasi thérapeutique grâce auquel les hommes re-connectent avec leur Moi. C‘est la cristallisation incandescente de leur masculinité dans tout ce qu’elle a de plus beau.  

Je ne peux pas vous dire mieux. 


Mais je peux vous expliquer mon point de vue : 


La reprise de contrôle
Les politiciens qui font vraiment n’importe quoi, le climat qui part en vrille, les patrons qui exigent toujours plus d’eux, les nanas qui Balancent-Leurs-Porcs et ‘font rien que de réclamer plein de trucs incompréhensibles, les gosses qui sont de plus en plus rebelles et mal élevés… Le monde leur échappe.
‘Y’a pas à dire, en ce moment, pour les hommes, c’est chaud. Sans mauvais jeu de mot. 
Donc lorsque l’occasion d’allumer des braises se présente, impossible de la refuser ! Il n’y a qu’à regarder le bonheur et l’apaisement qui s’affiche sur leur beau visage et sous leur jolie barbe de trois jours savamment entretenue : c’est l’instant jouissif durant lequel ils renouent avec leur nature profonde d’hommes des cavernes et leur fascination pré-historique pour le feu ! Ces moments-là leur rappellent qu’ils maitrisent encore (un peu) certaines choses.  

La régénération de la virilité  

Les mecs qui ont fondé une tribu et que l’on retrouve quotidiennement aux fourneaux, avouons-le, c’est assez rare. Dans la très grande majorité des cas, leur contribution culinaire familiale se résume à quelques incursions annuelles. Et pourtant, tous ont tendance à se précipiter et à proposer – imposer ?! – leur aide à la seconde où les beaux jours arrivent, ou lorsque le mot magique – barbecue – est prononcé. 
Je crois fermement que cet empressement soudain et ciblé a tout à voir avec le rituel qui l’accompagne : des fils ou une bande de potes, autour d’un feu, avec une bestiole fraichement découpée qui grille sous leur nez, un verre de quelque chose dans une main – je dis ça pour éviter les poncifs… Mais tout le monde s’accordera probablement sur la bière ou le rosé – et la pince dans l’autre. 
Avec le chef opérant sous les yeux de ses pairs, qui tantôt l’encouragent, tantôt le charrient, tous liés par le feu sacré qui les réunit et qui ne manque pas de nous rappeler certains rites de passage ancestraux.
D’ailleurs, cette affaire les remet tellement bien en selle dans leur masculinité, qu’ils se sentent soudain capables d’assumer de porter un tablier – symbole féminin par excellence, qu’il soit rose ou à dentelle n’y change rien – et des gants-moufles protecteurs qui les font ressembler à Winnie l’Ourson plus qu’à un féroce Grizzli des plaines enneigées du Canada…  
Peu importe : ils ressortent de l’aventure rassurés et apaisés. 

La restitution de leur raison d’être
C’est bien connu, beaucoup d’hommes se sentent encore et toujours responsables de subvenir aux besoins de leur clan. 
Et nous les en remercions, c’est tout à leur honneur.
(Quoi ? C’est vrai… Je ne suis pas toujours ironique…)
Le barbecue est donc le moment privilégié qui leur permet de sentir qu’ils mènent à bien cette mission
Il s’agit probablement de la raison principale pour laquelle ils demandent vingt sept fois à leur entourage si l’épaule de mouton était bonne. 

Alors, bien sûr, d’un point de vue féminin, cela peut prêter à sourire : 

Lorsqu’ils nous disent par exemple avec le plus grand sérieux, les yeux agrandis par l’incompréhension et une visible déception : “Mais chérie, pourquoi tu m’dis ça ? J’ai fait deux fois la cuisine cette semaine !”, parce qu’ils ont fait flamber deux morceaux de bois et vidé une barquette de viande sur une grille… 
Pendant que nous préparions la salade mélangée, le gratin dauphinois ou les frites maison et la tarte aux pommes qui accompagneront leur plat principal
(Désolée les gars, je vous jure, je ne dis pas ça pour vous faire de la peine.)

Quand ils nous expliquent aussi avec gravité – à nous qui cuisons, rôtissons, sautons, poêlons, faisons frire, bouillons, grillons, mettons en papillotes, pochons, blanchissons, caramélisons .. probablement plus de 200 jours par an ! – que la cuisson au barbecue… C’est tout un art
(Celui du CD² ? Le Crâmé-Dehors-Cru-Dedans ? Pardon… C’était drôle. Nan ?)

Ils ne manqueront pas non plus de mentionner à quel point ils savent, eux-aussi, cuisiner sainement, persuadés que la saucisse calcinée et quelques bonnes goulées de monoxyde de carbone n’ont jamais fait de mal à personne. 
Bref. Je ne me moque pas, je le dis même avec une tendre affection : le barbecue, c’est vraiment LE moment qui nous rappelle pourquoi nos hommes sont tellement attach(i)ants. 

Dark Mama

C’est ignoble à dire, 

mais être une mauvaise mère, 

c’est beaucoup plus drôle que l’inverse. 


L’autre jour, durant les vacances, Tancrède est revenu en trombes du fond du jardin, criant et pleurant toutes les larmes de son petit corps. 

J’étais allongée sur mon lit en train de lire avec délectation un ouvrage tout à fait passionnant, lorsque cet énergumène a débarqué dans ma chambre, brisant violemment ce moment de félicité, arguant du fait que sa dramatique situation nécessitait mon aide, toutes affaires cessantes. 

J’ai donc légèrement penché mon bouquin, relevé les yeux vers mon garçon et imperceptiblement avancé le menton, histoire de voir de quoi il en retournait. 

Ayant rapidement observé la présence d’une goutte de sang, pas plus large que le bout d’une tête d’épingle, sur son gros orteil, j’ai par acquis de conscience maternelle – il m’en reste quelques grammes – maintenu mon attention concentrée sur le-dit doigt durant de longues secondes. 
Agacée de constater que l’épanchement sanguin – massif, aux dires du fiston – était en réalité inexistant, et qu’aucun autre tissu n’avait été sérieusement endommagé, j‘ai alors décidé, par pure mesure de rétorsion face à cette interruption injustifiée, de changer de mode

D’appuyer sur ce merveilleux interrupteur qui sommeille en chaque papa et chaque maman de la planète – mais que tous n’osent pas utiliser – et qui nous permet de switcher de ton et de changer instantanément de mode parental : j‘ai nommé le bouton Star Wars. 

Celui qui nous fait passer de l’un ou l’autre côté de la Force. 
Démonstration : 

– “Chéri, t’as rien là.”

– “Mais je souuuuuuuffre, maman !!!!!”

– “Hum… ‘Comprends pas pourquoi. Tu as juste dû te piquer sur une épine du jardin, c’est tout.”

– “MAMAN !!! METS MOI UN PANSEMENT TOUT DE SUITE SINON J’VAIS MOURIR DE SAIGNER !!!!”

– “T’as qu’à attendre.

– “?!?!?”

A ce stade le môme est en pleine dissonance cognitive. 
Il lui faut en général plusieurs secondes avant de reprendre le fil de ses réclamations.

– “Mais… !? Maman ? Mon pansement… Ça peut pas attendre, voyons !”

– “Ah ? MAIS SI ! mon amour, c’est comme quand je te demande pour la dix-septième fois de bien vouloir venir à table pour diner, ou d’aller te brosser les dents, ou de ranger ta chambre. 
A chaque fois tu me dis “ATTENDS !”. 
Et tu vois, j’ai survécu.
Toi aussi tu vas y arriver, tu verras. 
Allez, vas jouer.”

#ElleEstIgnoble
#MenFous
#CestTropBon
#CallMeDarkMama

PS : non, je n’ai pas encore été le voir. 

Découvrir les Méduses !

Aujourd’hui, 

j’ai envie de vous parler des méduses !


Vous me direz : c’est quoi le lien avec l’Afrique du Sud ?

Très simple : l’unes des grandes spécialistes mondiales de l’étude des méduses est en mission au Cap pour quelques années, et il se trouve qu’elle est super sympa. 
Et puis ce pays ayant depuis plus de soixante ans imposé des quotas de pêche et de protection de son littoral, il est maintenant un étalon de comparaison idéal pour les mesures de la prolifération de ces étranges animaux marins, où beaucoup d’équipes scientifiques viennent faire leurs analyses. 

Nom vernaculaire ambigu et imprécis, les méduses font partie de la famille des cnidaires eux-mêmes sous-ensemble du zooplancton gélatineux. 

On connait encore relativement peu de choses sur elles, si ce n’est qu’elles sont présentes sur la terre depuis plus de 650 millions d’années. 

Composées à 95% d’eau, elles sont formées d’une cloche, de tentacules très chargées en nématocystes urticants, et de bras bucaux qui ramènent les aliments sous la cloche, où des sucs gastriques se chargent de les digérer. Elles fonctionnent sans cerveau grâce à un système nerveux et sensitif autonome, réduit mais existant, qui leur permet à la fois de se nourrir, de se déplacer et de se reproduire. Elles disposent aussi d’yeux, de simples points optiques primitifs souvent placés à la base des tentacules, qui leur permettent de visualiser l’intensité lumineuse et les masses (rochers, etc) à éviter. 

Ce sont pour la très grande majorité des prédatrices qui paralysent leur proie grâce aux cellules urticantes dont elles sont entièrement recouvertes. C’est la raison pour laquelle les filets à méduses sont relativement inefficaces pour protéger les baigneurs des brûlures : une fois plaquées contre ces remparts, leurs tentacules se brisent et passent le barrage avant de finir par piquer. 
Certaines sont même mortelles pour l’homme. 

Ces animaux se trouvent dans tous les océans de la planète, à toutes les profondeurs, et pour certaines (1% des 7000 espèces répertoriées dans le monde), en eau douce. 

Elles sont de toutes les tailles, de toutes les formes, de toutes les couleurs – sachant que celles qui présentent des petits points sont toujours particulièrement dangereuses – parfois même luminescentes. 

Elles se déplacent grâce au vent et aux courants marins, mais aussi avec les millions de bateaux qui croisent dans les mers chaque année, transportées dans les ballasts des navires. Elles disposent également de leur propre moyen de propulsion, en pulsant grâce aux bandes contractiles qui tapissent l’intérieur de leur cloche. 


Leur durée de vie est inconnue, de quelques semaines à quelques années a priori, et meurent en général avalées par des prédateurs, à cause de bulles d’oxygène passées sous la cloche et qui les nécrosent de l’intérieur, ou tout simplement de vieillesse. Elles viennent alors s’échouer sur les rivages, avant de fondre au soleil : inutile donc de les ramasser pour les jeter. Elles disparaissent naturellement.  

Elles se nourrissent de plancton pour certaines, ou de bactéries – jouant ainsi un rôle essentiel de filtres des océans – voire même des poissons. 

Elles font partie des organismes terrestres aux taux de reproduction le plus élevé. Le système diffère selon les types de méduses, mais la plupart pondent des oeufs qui sont fertilisés sous l’eau avant d’être posés sur des sédiments qui finissent par former au bout de quelques semaines des structures en polypes qui se détachent au moment de la maturité. Le printemps et l’automne sont les saisons privilégiées de la reproduction. 

Responsables de plusieurs centaines de morts dans le monde chaque année – bien plus que les requins, par exemple – elles provoquent des brûlures terribles chez ceux qui ont le malheur de les toucher ou de les frôler. 
Contrairement aux légendes urbaines, l’urine et l’eau de mer n’ont aucune efficacité pour calmer le feu de leurs piqures. 
Les meilleures solutions sont le vinaigre – toujours garder une petite bouteille en plastique dans votre véhicule, si vous êtes souvent amenés à vous baigner en mer – et l’eau chaude ! Le venin étant thermo-sensible, c’est le meilleur moyen de détruire les cellules responsables de la douleur. 
Attention, si la surface de peau touchée par les nématocystes dépasse le mètre de longueur, la vie de la personne est en danger, même s’il s’agit d’une espèce commune, nécessitant une prise en charge urgente dans un centre hospitalier. 

Du fait du réchauffement climatique, de la pollution et de la sur-pêche mondiale, ces organismes pullulent maintenant dans les océans, devenant une véritable menace écologique : 

Elles achèvent l’extermination des stocks piscicoles entamée par les humains. 

Elles représentent une sérieuse contrainte pour les navires de pêche qui remontent des tonnes de poissons contaminés par leur venin et donc impropres à la consommation. 
De même, devenues si nombreuses, elles empoisonnent les poissons issus de l’aquaculture.

Elles sont également devenues un danger sérieux pour les industries nucléaires ou de forage en mer, lorsqu’elles envahissent et bloquent les réacteurs de refroidissement par exemple. 

Sans compter leur capacité à transporter et disséminer des pathogènes dans tous les océans. 

Malgré cela, de nombreux spécialistes commencent à s’intéresser à ces animaux qui présentent aussi de sérieux avantages :

Outre le fait qu’elles sont indispensables à la chaine alimentaire pour nourrir les tortues, certains poissons de corail insensibles à leur brulure ou certains oiseaux, elles servent également d’abris à de nombreux poissons, qui viennent se protéger de leurs prédateurs en se cachant sous leur cloche ou qui s’en servent comme de transporteurs ou de nurseries. 

Elles ont montré leur efficacité en terme d’outil de filtration naturelle et de dépollution des nanoparticules, qui ont envahies nos océans.

L’industrie pharmaceutique s’intéresse aussi de très près à ces bestioles, bourrées de collagène très utile en cosmétique, mais aussi de mucine une substance qui pourrait s’avérer décisive dans le traitement des problèmes articulaires et du cancer du colon. Plusieurs études sont également en cours pour observer son efficacité sur les maladies dégénératives comme Alzheimer ou Parkinson. 

Enfin, les asiatiques ont depuis près de 2000 ans les méduses à leur menu : une douzaine d’espèces pas ou très peu venimeuses sont consommables. D’ailleurs 1,2 millions de tonnes de ces animaux sont pêchées chaque année pour l’alimentation humaine dans cette région du monde. Dégorgées dans le sel puis accommodées en salade ou en tempura par exemple, elles sont très riches en protéines, en calcium et en fer, pour seulement 30 calories aux 100 grammes ! 
Pour ceux que cela intrigue, elle n’ont pas de goût, et leur texture ressemble beaucoup à celle du calamar. 

Bon appétit !