Il avait l’air maussade.
Le coeur soudainement enserré comme dans un étau, je regarde mon petit garçon, assis sur sa moquette, infiniment malheureux ce soir… Que lui dire… Je me sens impuissance face à son chagrin, pour l’avoir vécu tant de fois moi-même… Je sais qu’il n’y a pas de solution. Juste du temps qui doit passer.
– “Mais maman, pourquoi les amis ils partent tout le temps, chaque année ?!”
– ” … C’est parce que… Les familles qui vont dans ton école, souvent ce sont des gens qui viennent de la France ou d’autres pays, mais qui ne viennent pas ici à Cape Town pour rester toujours… Juste quelques années, tu comprends ? Après ils repartent. Ça s’appelle des expatriés… Nous aussi d’ailleurs on partira un jour.”
– “Ah… Et nous… On est désèspatriés aussi ?”
Je souris devant le jeu de mot involontaire de mon fiston chéri…
– “Oui mon coeur… Des EXpatriés… Mais la bonne nouvelle, c’est que de nouveaux amis vont arriver l’année prochaine. Il y en a qui partent, mais d’autres qui arrivent… Tu ne seras pas tout seul !”
– “Mhuum…”
Le voyant dubitatif, agitant son guépard frénétiquement, je me sens obligée d’en rajouter une couche :
– “Et puis… Et Puis… On pourra les appeler de temps en temps… Peut-être même les revoir en été, quand on va en France… On ne sait jamais quelles belles surprises la vie réserve, tu sais !”
– “Mhuum… Nan mais c’est pas pareil que d’jouer avec elles tous les jours m’an…”
Je le sais bien…
C’est la raison pour laquelle je décide de me taire.
C’est alors que mon fils reprend la parole, d’un air décidé :
– “Non, maman. En fait, c’qui faudrait, c’est qu’papa y’ trouve un travail au Sénégal. Comme ça, on y va aussi.
– “…”
– “C’est très bien le Sénégal maman : les filles elles m’ont dit ki’ fait chaud tout l’temps là bas. Chui sûre qu’ça t’plairait. J’VAIS EN PARLER A PAPA QUAND Y’ RENTRE VENDREDI : VOILÀ.“
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