Elever des garçons
et être la seule nana de la famille,
parfois,
ça finit par taper sur le citron.
Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir passé trois journées seule en long week-end avec mes Jujutrépides intrépides, leur papa très occupé ces dernières semaines par son travail.
La fatigue ou la pluie.
Ou l’habitude de devoir sans cesse rappeler à mes fistons que leur maman n’est pas qu’une mère et une cuisinière, que nous participons tous au bon fonctionnement de cette famille…
En colère d’avoir dû rester trois jours “enfermés” à la maison, les garçons venaient de me communiquer ostensiblement leur frustration en construisant à mes pieds un “camion de camping” en lego, sorte de caravane de luxe suréquipée, censée représenter nos prochaines vacances.
(Au secours. Souvenons-nous.)
(Au secours. Souvenons-nous.)
Message on ne peut plus explicite, s’il en est, étant donnée la situation.
J’écoutais alors distraitement, depuis le bar de la cuisine ou je travaillais, leur conversation d’enfants, à quelques mètres de là.
Lorsque soudain, je surprends mon fils Tancrède dire à son frère :
– “Bon ! Alors maman, on va la mett’ là, dans la cuisine pour nous faire à manger. Et le bonhomme là, c’est papa, on va le mettre dans le camion, c’est lui qui va conduire.
Mon sang n’a fait qu’un tour :
– “Ah ? Et pourquoi ce serait pas papa qui cuisine et maman qui conduit les gars, hein !?”
Mes fistons se sont alors retournés vers moi, visiblement sincèrement surpris de ma réaction :
– ” Euh… Bin… Oui maman, on pourrait…”
– “BIN OUI ON POURRAIT !” Me suis-je alors exclamée.
– “Maiiiiis… C’est juste que papa ‘y sait pas cuisiner, maman. Quand c’est lui qui fait à manger… Biiiiin… C’est pas très bon.
Donc c’est mieux de le mettre à conduire, tu comprends ?”
J’avoue : ça m’a cloué le bec.
Et je n’arrive toujours pas à me décider :
Mes petites crevures chéries m’ont-elles une nouvelle fois entourloupée à coup de flatterie indirecte ?
Ou vois-je vraiment le mal partout ?
J’avoue : ça m’a cloué le bec.
Et je n’arrive toujours pas à me décider :
Mes petites crevures chéries m’ont-elles une nouvelle fois entourloupée à coup de flatterie indirecte ?
Ou vois-je vraiment le mal partout ?
