Je ne pensais vraiment pas
dire ça un jour.
Et pourtant.
Cela fait partie de ces innombrables trucs sur lesquels la vie se charge de nous faire changer d’avis.
Au début, nos mômes, on les trouve merveilleux.
C’est trop mignon, même si ça pue un peu et que ça couine trop.
C’est la lune de miel.
On est fasciné par la nouveauté et par leurs efforts et leurs progrès : premiers retournements, premiers sourires, premiers pas, premières cuillers de purée, premiers mots… Une forme de miracle au quotidien.
Et puis vers leurs deux ans, arrivent les premiers “progrès négatifs” : les caprices et l’opposition, avec la fameuse découverte du “non”.
Débute ainsi la phase des “Terrible Twos” et des “Awful Threes”, comme l’ont si bien normalisé les psy américains : deux ans d’enfer, parfois un peu plus.
(C’est comme la durée des garanties des machines à laver, c’est assez précis malgré tout…)
Durant cette période, le parent perd ses nouveaux repères.
Tout à coup, la vie reprend le dessus, et la bulle un peu irréelle qui l’entourait jusque là se fissure : le môme devient lui-même.
Et c’est pas de la tarte à gérer.
Nous sommes alors nombreuses – et nombreux – à nous retrouver régulièrement dans des situations effrayantes où notre statut de “bon parent” est violemment mis à mal :
Lorsque le lardon se roule par terre au supermarché…
Lorsqu’au bout de nous-même, nous lui avons collé une bonne torgnole au milieu de l’aéroport, dont la totalité des passagers nous a semblé se retourner sur notre personne d’un air scandalisé…
Lorsqu’il nous a mis la honte internationale devant les maitresses ou les parents d’école…
Bref toutes ces fois où nous nous sentons en échec dans notre job d’éducateur de progéniture.
N’en parlons plus, c’est du passé.
Disons simplement que durant ces longues minutes d’abime intérieur – non, non, ne niez pas… – vous vous êtes très probablement déjà dit :
“Mon gamin est mal élevé. C’est horrible. J’ai raté son éducation. Dans 15 ans, il finira en taule. C’est sûr. Tout cela est de ma faute.”
Ou équivalent, selon le degré de votre propension naturelle à angoisser.
Je vais vous dire :
Dans ces moments là, rien de mieux que de partir en vacances quelques jours.
Impérativement AVEC vos gamins.
Nan, mais si :
Vous serez alors forcés d’adapter votre programme en fonction d’eux, et vous retrouverez assez fatalement – oh, bonheur – avec d’autres familles.
Et là, LÀ, vous aurez l’occasion de vous sentir mieux.
Je vais vous dire pourquoi :
Non pas parce que vous passerez les meilleures vacances de votre existence, cela va de soi, mais parce que vous aurez l’occasion de vous apercevoir qu’il existe toujours des gosses bien PIRE que les vôtres.
Voilà.
Voilà.

Comme je suis (presque) d'accord. Parce que le pire du pire, c'est quand même de partir avec ses lardons en vacances et de se rendre compte qu'on sert surtout à rassurer les autres familles sur le fait que ce sont vos gosses à vous qui sont les pires. Bouhouhou, libérez moi !!!
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