Time flies

Je sais. 

Vous allez me dire, 

que je ne sais décidément pas

ce que je veux. 


Mais c’est vrai :
Les enfants grandissent trop vite !

Lorsqu’ils naissent, on attend qu’une chose : qu’ils fassent enfin leurs nuits, histoire de nous permettre de retrouver une vie normale et un visage tant soi peu humain. 

Après cela, on rêve qu’ils fassent leurs dents. Vite. 
Histoire de passer à autre chose que les purées et de revenir à un seul menu par repas pour toute la famille. 

On désespère ensuite de les voir marcher, car on n’en peut plus de les porter et de la facture d’ostéopathie mensuelle, qui a maintenant pris la place de celle autrefois dédiée au shopping. 

On veut qu’ils soient propres. Parce que les couches, y’en a ras la grenouillère. 
Ensuite, on veut qu’ils se débrouillent tous seuls. 
Parce que les lingettes, y’en a ras la cuvette. 

Au bout de deux ans, serait-ce trop leur demander de parler ? D’exiger une construction de phrase sujet-verbe-complément, qui nous permettrait enfin de réutiliser notre cerveau d’adulte ? 

Vers les trois ans, on donnerait n’importe quoi, tout, même, pour les voir cesser ces insupportables et haïssables caprices.

On perd notre santé mentale à exiger d’eux qu’ils rangent leur chambre. 
Qu’ils mangent sans que la venue d’un service de désinfection et de nettoyage spécialisé ne soit nécessaire chaque soir.
Qu’ils jouent enfin un peu seuls, histoire que nous puissions retrouver quelques minutes d’intimité pour nous-même. 

On demande, on prie, on supplie, on implore, on les conjure de nous laisser dormir le weekend, de nous foutre la paix, de nous lâcher la grappe, d’oublier que nous existons. 

Et puis un jour, ça s’arrête. 

Un jour, comme ça, pouf-pouf, sans prévenir, sans que l’on sache vraiment pourquoi, ou ce qui a changé, ça se tarit. 
Et bientôt, c’est terminé. 

Le point de non retour.

A partir de ce jour, tout s’inverse. 
C’est nous qui leur courons après. 
Le jour où enfin, ils se font le petit déjeuner tous seuls devant la télévision le dimanche. 

Le jour où ils cessent de venir intempestivement dans notre lit, se coller à nous et nous bisouter, de leurs petites joues chaudes du matin. 

Le jour où ils n’ont plus vraiment besoin de nous pour se rassurer ou se consoler. 

Ce jour où quand on leur propose de jouer avec nous, et qu’ils disent : “non merci”. 

Ce jour où le monde nous parait si cruel et si dur, et qu’on a désespérément besoin et envie d’une bouffée d’amour… 
Et qu’ils nous répondent : “nan, pas maintenant, ‘man”. 

Cette même phrase que nous leur avons répétée tant de fois, durant toutes ces années…  

C’est mal fichu, quand même, l’enfance des mômes. 

C’est moche, l’ironie de la vie. 

https://www.facebook.com/EmmanuelleTabaretIllustrations

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