Il s’agit d’être honnête :
les gosses ont
un potentiel destructeur
probablement aussi élevé que le nucléaire.
Contexte :
Dimanche.
Dimanche.
Quatre heures de “playdate” organisées à la maison avec six enfants du même âge.
Leur mission, qu’ils ont accepté avec joie, visiblement : défoncer la baraque.
Deux parents.
Leur job : contrecarrer le projet démoniaque des six Grimlins.
Ils viennent d’arriver il y a moins de cinq minutes.
‘Y en a un qui a déjà marché dans de la boue – mais où !? Comment !? Nul ne le sait – et retapissé le sol en marbre de la maison.
L”autre fait popôôô : faut l’essuyer.
Le troisième s’est jeté à la flotte dans la piscine, sans permission et sans ses brassards.
Pendant que tu repêches l’inconscient suicidaire qui est déjà en train de boire la tasse, la quatrième pleure : elle a une poussière dans l’oeil droit, et-c’est-très-embêtant-pass’qu’elle-est-droitièèèèèèère.
– “?!?!?!?!?!?!?!?!”
Le cinquième est calmement assis parterre en train d’arracher les ailes d’une mouche. L’idée te traverse l’esprit que tu as laissé rentrer chez toi un futur psychopathe-serial-killer.
Mais une sensation étrange te sort déjà de tes pensées : quelque chose ne va pas.
Mais quoi ?
Ah oui !!! Où est le sixième gosse !?
Douze minutes plus tard (c’est bon, t’as retrouvé le gamin entre temps) :
– “OOOoh, les enfants, regardez : un ibis à côté de vous !
Voyez la beauté de son plumage et l’élégance de son ramage, il est si proche que vous pourriez presque le toucher !
– “Mmmmmmmm, MOI LES IBIS, ÇA M’DONNE FAIM !”
Euuuh… Oups.
Par précaution, tu bas des mains discrétos, pour que la pauvre bestiole s’échappe au plus vite.
Par précaution, tu bas des mains discrétos, pour que la pauvre bestiole s’échappe au plus vite.
Tu te retournes, ils sont déjà tous en train de discuter sur la margelle.
– “Et bin moi, je vais m’marier avec Emma !”
– “Non, moi !”
– “Non, moi !”
– “Non, moi !”
– “Non, moi !”
– “Non, moi !”
La petite : “‘Chui pas une princesse, c’est moi ‘ki décide qui j’marie, z’avez compris !?”
(Là, tu te retiens d’hurler “bravo, ma cherie ! Je suis tellement fière de ta génération !)
Tanrède : “Et bin alors, tant pis ! Moi j’épouse Ernest !”
Tanrède : “Et bin alors, tant pis ! Moi j’épouse Ernest !”
– “?!?!?!?!?!?!?!?!”
Vingt minutes plus tard, les hamburgers sont prêts.
Heureusement : ils sont déjà tous en train de frapper leurs couverts sur la table, en signe d’impatience.
Disons-le, tout de go : c’est le carnage.
Ils sont couverts du champagne pour les petits – qu’ils se sont renversé sur la tête-pass’que-ça-fait-des-guilis-dans-les-ch’veux – et de ketchup. Ils ont des frites dans les oreilles, des carottes dans les narines et du fromage fondu entre les dents.
Ils sont couverts du champagne pour les petits – qu’ils se sont renversé sur la tête-pass’que-ça-fait-des-guilis-dans-les-ch’veux – et de ketchup. Ils ont des frites dans les oreilles, des carottes dans les narines et du fromage fondu entre les dents.
Emma, la seule petite fille de la troupe – me regarde.
Tout doucement, je l’entends qui me dit :
Tout doucement, je l’entends qui me dit :
– “Poooooom ? Y’ sont un peu fous, les garçons, non ?“
Intérieurement, je pense : Toi, décidément, j’vais d’mander à ta mère si je peux t’adopter. Voire, faire un échange.
Là j’entends un des p’tits mecs qui dit calmement, mais avec fermeté :
– “Nan, merci beaucoup mais moi j’veux pas d’gâteau au chocolat : ça fait grossir.”
– “Nan, merci beaucoup mais moi j’veux pas d’gâteau au chocolat : ça fait grossir.”
– “Euuuuuh ?!?! T’es sûr mon poussin ? T’es pas bien gras, hein, tu peux y aller franco, tu sais.”
– “Non, vraiment, merci m’sieur.”
Purée, le gosse parfait.
J’en reste comme deux ronds de flans.
J’en reste comme deux ronds de flans.
– “AIIIIIIIIIIIEEEEEEEUUUUH !!!!!!!!! OUIIIIIIIN !!!!”
Que se passe-t-il !?
C’est la voix de celui qui avait disparu initialement !
Ma tendre moitié est déjà sur le coup, et accoure avec le mercurochrome et des plasters :
– “J’me suis ouveeeeeeeert le piiiiieeeeed !!!!!”
(Où ?! Comment ?!)
Que se passe-t-il !?
C’est la voix de celui qui avait disparu initialement !
Ma tendre moitié est déjà sur le coup, et accoure avec le mercurochrome et des plasters :
– “J’me suis ouveeeeeeeert le piiiiieeeeed !!!!!”
(Où ?! Comment ?!)
– Oh mince, mon pauvre chéri, vient qu’on te soigne.”
– “Naaaaan !!! J’vais muuuriiiiiiiiir !!!!!”
– “Meuh non, tu vas voir, tout ira bien.
En revanche, mon p’tit chou, oui toi, là, descends de la table à manger s’il te plait, tu risques de te faire mal.”
Tu croises le regard de la gamine : elle est assise sur la chaise.
Elle balance doucement ses p’tites jambes.
Elle sourit.
C’est la seule qui a la bouche propre.
Elle te regarde, l’air de dire : bah c’est quand même un peu toi qui l’a voulu, non ?
Soudain, hurlement de Trystan :
– “Allleeeeeeeeeeez !! Tout le monde dans la chambre SAUF LES FIIIIILLES !
– “Allleeeeeeeeeeez !! Tout le monde dans la chambre SAUF LES FIIIIILLES !
– “Pourquoi moi j’ai pas le droiiiiiit !?!?!?”
Tu te retiens de lui dire : aller, ma poussinette, tu faisais un parcours féministe sans faute jusque là ! te laisse pas démonter, reprends toi !
En vrai, tu lui dis :
– “M’enfin ma chérie, tu vas pas te laisser dicter la loi par des garçons ! Viens !”
Tu l’imposes dans la chambre.
Personne ne s’en aperçoit.
Moins de vingt secondes plus tard, tout le monde joue ensemble.
C’est là que tu réalises que la misogynie est semble-t-il intrinsèque à la masculinité. Et qu’elle se guérit très facilement.
De la nécessité de lutter, dès le plus jeune age.
Toussa toussa.
De la nécessité de lutter, dès le plus jeune age.
Toussa toussa.
Tu vas faire la vaisselle dans la cuisine.
BING !
BAAAAAAAM !
BOUUUUM.
BAAAAAAAM !
BOUUUUM.
– “Chéri, je crois que l’armoire de leur chambre est descendue, là.
Le père : ” CHERIE, je crois que je vais les SCALPER !!!! “
– “Non, mon amour, calme-toi, les parents t’en voudraient, je pense.”
Tu prends les devants :
– “Les enfaaaaaaants, c’est l’heure de la chasse au trésoooooor !!”
En trois secondes, ils sont tous devant toi.
Ils trépignent.
Ils hurlent.
Ils se marchent dessus pour s’arracher les indices des mains.
– “Les enfaaaaaaants, c’est l’heure de la chasse au trésoooooor !!”
En trois secondes, ils sont tous devant toi.
Ils trépignent.
Ils hurlent.
Ils se marchent dessus pour s’arracher les indices des mains.
Ils dégringolent dans l escalier.
Ils ont trouvé leur trésor : des boites de bonbons multicolores.
Ils ont trouvé leur trésor : des boites de bonbons multicolores.
Sans s’être concertés, ils foncent tous d’un seul homme dans la salle de télévision et demandent d’eux même à regarder une “séance de cinéma”.
Yep.
‘Y’a décidément des mères qui réussissent mieux l’éducation de leurs enfants que d’autres… (Humphhh… ! Comment elles font, merde !)
Yep.
‘Y’a décidément des mères qui réussissent mieux l’éducation de leurs enfants que d’autres… (Humphhh… ! Comment elles font, merde !)
Tout à coup : le silence.
Ils ont tous les yeux rivés sur l’écran.
Ils ont tous les yeux rivés sur l’écran.
A ce stade, tu te dis : c‘est miraculeux.
Tu t’autorises deux secondes pour aller faire pipi.
Tu finis la vaisselle.
Et là : DING DONG.
Incroyable : c’est déjà l’heure de les rendre !
Tu fait bonne figure.
Parce que… Parce que… Parce que...
Tu ne sais pas pourquoi, en fait.
Parce que… Parce que… Parce que...
Tu ne sais pas pourquoi, en fait.
Ils sont tous partis.
Tu regardes leur chambre à coucher :
C’est Nagasaki en août 1945…
C’est Nagasaki en août 1945…
Tu te dis que t’es vraiment maso et qu’on ne t’y reprendra plus.
Sur ces entrefaites, arrive ton fils, derrière toi.
Il te prend la main, lève sa petite tête vers toi et te dit :
Il te prend la main, lève sa petite tête vers toi et te dit :
– “C’était le MEILLEUR plèydaïtes de TOUTE ma vie maman !!!”
