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C’est quoi déjà

le proverbe ? 


“La vengeance est un plat qui se mange froid”, c’est ça ?

Certains jours – il faut bien le dire – leur père et moi, on se prend à rêver. 
On y croit fort.
On imagine ce grand moment. 

Ou plutôt, CES grands moments. 

Ceux où, ENFIN, nous pourrons leur RENDRE LA MONNAIE DE LEUR PIÈCE !

Celle de ces réveils au point du jour, sur les coups de 05:54 du matin. 
Lorsqu’ils nous tirent vicieusement de notre lit douillet pour des raisons obscures, au sens propre et figuré, vu l’heure. 
Souvenez-vous ici.

Celle de toutes ces fois où ils nous ont collé la honte internationale devant la maitresse, le docteur ou nos amis. 
Ici.

Celle de ces manipulations psychologiques EHONTÉES qu’ils nous ont fait subir sans la moindre hésitation, pour arriver à leurs fins.
Cliquez là. Et ici aussi. Et là.

Celle de ces silences terribles, qui nous laissent dans le doute et nous précipitent dans d’abyssales angoisses. 
Mais siiii, rappelez-vous, là.

Celle de ces humiliants moments où, en mal d’amour, on en vient à quémander leur baisers et leurs câlins, ces miettes d’affection qu’ils condescendent parfois à nous offrir, les bons jours. .

Celle de ces MILLIARDS de fois où on leur a rappelé que nous ne sommes pas sourds et qu’il est inutile de s’exprimer en hurlant. Ici.

Celle de leurs impitoyables jugements sur notre style ou nos goûts vestimentaires. Quels tyrans. Là.

Celle de cette EFFRAYANTE manie qu’ils ont de hurler notre nom et de nous chercher en permanence. Souvenez-vous, ici.

On s’y voit déjà, dans 10 ans !

Les secouer avec délectation le dimanche matin, à 7:35, lorsque nous irons leur proposer innocemment de venir marcher avec nous dans la montagne…

Leur dire “JE T’AIME MON AMOOOOOUR, HEIN !” en plein devant leurs copains…

Leur balancer, sur un ton dramatique et entrecoupé de sanglots, le subtil “mais coooomment tu peux faire ça à ta maman qui t’aime siiiiiiii fort et qui a taaaaaant fait pour toi !?!?” (Bouhouhou. Hou.)

Leur opposer ce silence insupportable, lorsqu’ils nous demanderont 10 000€ pour aller s’acheter leurs pairs de baskets transformables en avion à réaction (dans dix ans, c’est probable.)…

Leur sortir un impitoyable et distancié “Et oui… C’est la vie, fils.”, quand ils voudront ENFIN venir – contre toute attente – se blottir dans nos bras pour se consoler de cet affffffreux chagrin d’amour. 

Exiger, sept ou huit fois, qu’ils répètent ce qu’ils viennent de nous demander – “tu me conduis demain au spectacle bidule ?” – en faisant semblant d’être sourds.

Les interpeler juste avant qu’ils ne sortent de la maison pour leur dire que leur jeans à trou ou leur t-shirt trop court… Ça fait un peu ridicule. 

Leur demander trois cent fois par jour, “Mais chéri ?? OÙ es tu / où vas tu !!!!???? 

On se l’imagine, dans nos rêves les plus fous ! 
Mais en vrai… 
En vrai, nous savons bien que nous n’en ferons rien. 

Nos coeurs ont tellement mutés, que nous n’en serions même pas capables…

A la place, nous allons probablement les laisser dormir paisiblement, disparaitre discrètement au coin du lycée, nous retenir d’appliquer un quelconque chantage affectif, leur filer 100 balles pour leur shopping, les prendre dans nos bras et pleurer avec eux lorsqu’ils auront du chagrin, éviter de les faire répéter – sauf si entre temps, on est vraiment devenus sourds – sourire simplement à la couleur bizarre de leur pull et limiter à quelques dizaines de fois par jour seulement nos vérifications de localisation géographique.

Vraiment, on se ramollit quand on devient parent…

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