JujuCopyCat

En fait, les enfants 
sont des copycats.
Un peu comme les psychopathes, quoi.

Ils imitent. 

Ils grandissent, ils s’éduquent, ils murissent, ils maturent en copiant les attitudes des gens qui les entourent. 

Oui, je sais, rien de bien révolutionnaire là dedans, le mimétisme anthropologique, tout ça, tout ça. 

Ce que je voulais dire – et que j’ai découvert avec le temps – c’est qu’ils ne se contentent pas d’imiter. 
Il imitent ABSOLUMENT TOUT

Le problème, c’est qu’au début, on ne s’en rend pas vraiment compte…

Ils roupillent le plus clair de leur temps et n’ouvrent l’oeil que pour bouffer ou pour hurler.
(Oui, je sais, pas tous. Mais moi, je n’ai connu que ce modèle.)

Avec le temps, ils semblent tellement passionnés par les mouches qui volent et le cube rouge qui ne rentre pas dans le rond bleu, que l’on se sent conforté dans l’idée qu’ils vivent dans un monde un peu parallèle au nôtre. 

Il faut de longues années, avant qu’ils ne soient capables de véritablement communiquer avec nous, autrement que par des pleurs ou des sourires. 

Lorsqu’on est jeune parent tout frais émoulu dans la fonction, on finit donc naturellement par les considérer comme de petits êtes à part, devant lesquels il est possible de dire à peu près n’importe quoi sans que cela ne prête réellement à conséquences : les gros mots, les discussions les concernant, les discussions de couples, les gueulantes de couple, les données confidentielles du boulot, les recettes de cuisine… N’importe quoi. 

Evidemment, tout cela est une terrible erreur.
Un horrible malentendu. 
D’un point de vue parental, j’irai même jusqu’à dire : une faute grave !

Car en réalité, ils ont tout absorbé, tout retenu. 
Et quelques années plus tard, tout ressort. 
Tel un boomerang spacio-temporel en pleine face.

Le parent effondré découvre alors qu’il n’a pas seulement une responsabilité morale et éducative envers son enfant, un rôle de modèle symbolique. 
Non, le défi est bien plus titanesque :
Il réalise que ce rôle implique un devoir d’exemplarité ABSOLUE.

Et permanent.  

Pas de vacances, de weekend ou de jour off. 
24 heures par jour, 7 jours sur 7, 365 jours par an, le parent doit rester conscient que chacun de ses gestes et chacune de ses paroles pourront être retenus contre lui. 

En fait, les gamins, c’est pire que la législation américaine.
Bien pire :

– “Maman, tu m’donnes des carottes ?”

– “J’entends pas.”

– “MAMAN TU M’DONNES DES CAROOOOTTES !?”

– “Quand on ne me dit pas “s’il te plait”, je n’entends pas Tancrède, tu le sais depuis le temps que je te le répète…”

– “MAIS MAMAN JE VAIS PAS DIRE SITEUPLÉ TOUTE LA JOURNÉE QUAND MÊME !!! JE SUIS FATIGUÉ DE DIRE SITEUPLÉ TOUT L’TEMPS !!!! Je dis une fois et après, t’as compris !”

– “Non, Tancrède, ça n’est pas négociable. Quand on est bien élevé, on dit “s’il te plait” et “merci” à chaque fois. Et arrête de crier.”

– MAMAN DONNE MOI MES CAROOTTES TOU’D’SUITE !!!!!”

– “TANCRÈÈÈÈÈÈÈÈÈÈDE !!! ARRÊTE DE CRIER !

– “TOI, ARRÊTE de crier maman.”

– “…”

– “Et pi en plus, t’as pas dit SITEUPLÉ, après “Tancrède, arrête de crier.”

– “Tancrède, ON NE PARLE PAS COMME ÇA À SA MAMAN !”

– “Tu WOIS’, qu’c’est toi ki cries ?!”

– “Tancrède, ma patience est à bout !”

C’est là que le gosse se barre en claquant la porte.

En même temps que, les yeux écarquillés, tu te demandes encore à quel moment tu as échoué dans ton job de mère pour en arriver à ce qu’un enfant de 4 ans te fasse subir des trucs pareils, tu t’acharnes sur la poignée (le bois joue en été) pour rouvrir le passage.
Quand la voie est enfin dégagée, et que tu fonces derrière ton fils pour partager vertement avec lui ton point de vue sur la situation, ton mari passe innocemment, son verre de coca à la main, et t’apostrophe l’air goguenard dans le couloir : 

– “En même temps, ma chérie, je ne voudrais pas en rajouter, mais si tu commençais par arrêter de claquer les portes à chaque fois qu’on s’engueule, on n’en serait pas là. Il t’imite, ce pauvre gosse.”

A ce stade, tu ne sais plus si c’est le morveux ou le père que tu vas courser… puis assommer. 

Tu optes pour le gamin. 
(Le père, t’as encore le temps de lui régler son compte plus tard dans la soirée.)

– “Tancrède ! Je te parlais, reviens s’il te plait.”

– “Ouiiii, maman ?”

– “Assieds toi, je te prie, on doit discuter.”

– “Ok maman.”

– “Tancrède on ne parle pas comme ça à maman et on ne claque pas les portes quand on est énervé. On risque de se faire très mal aux doigts et de casser la porte. Parfois je le fait, mais en fait, c’est pas une bonne idée. Tu promets de ne plus le faire ?”

– “Oui, ze promets. Mais si on fait deal là dss’us, toi tu promets de plus crier.”

– “Ok, tu as raison mon fils, deal.”

Dix minutes après nous être serré la main sur nos engagements, je l’entends qui hurle sur son frère, dans leur chambre. 
Avant que j’ai pu me diriger vers eux pour calmer le jeu, j’entends leur porte qui claque, tel un coup de feu raisonnant dans la maison…

– “TANCRÈDE ! TU M’AS PROMIS DE NE PLUS CLAQUER LES PORTES !”

– “Et TOI t’as promis de plus crier.”

A ce stade, tu hésites entre étrangler le gamin ou te jeter depuis le toit de la maison. 

– “Tancrède, tu ne peux pas te comporter comme ça. Tu es puni au coin. Je viendrai te chercher quand la punition sera levée, ça te laissera le temps de réfléchir.”

– “J’entends pas…”

– “COMMENT ?!?”

– “J’entends pas et je fais pas quand on m’dit pas siteuplé.”

#DésespoirParental
#CEstTropDur
#HaraKiri
#MaisPOURQUOI?

Voilà… :
En fait, pour être un bon parent, il ne faut pas faire d’enfant. 


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