En fait, c’est bizarre :
On rêve qu’ils soient déjà grands
et qu’ils se barrent de la maison
pour nous laisser un peu tranquilles.
Et en même temps,
on refuse inconsciemment de les voir grandir.
Moi, je vois vraiment la différence depuis quelques mois, disons leurs 3 ans et demis : ils commencent ENFIN à faire des choses seuls, à prendre leur indépendance.
Et franchement, c’est formidable.
Se savonner, mettre des vêtements (quand ils sont VRAIMENT obligés), manger, s’occuper…
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| ET OUAIS ! Même avec les baguettes ! |
Se soigner quand ils sont malades :
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Bon t’oublies pas bébé, hein, 10ml toutes les 6 heures pour le Doliprane et 7,5ml toutes les 8 heures pour l’Ibuprofen.
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On réalise qu’ils ont installé leurs propres personnalités et qu’il est temps de penser à respecter certaines de leurs décisions car elles font partie de leur construction.
On découvre qu’ils veulent soudainement choisir leurs propres lectures quand on va à la FNAC, par exemple.
En gros, on comprend qu’ils commencent… à nous échapper.
Et franchement, certaines fois, c’est dur…
M’enfin, ça a ses avantages.
On peut par exemple envisager d’amorcer la délégation des tâches.
Bon, bien sûr, cela nécessite d’abord quelques mois de formation intensive.
Et puis, cela implique naturellement quelques ratés potentiels.
Mais au bout d’un certain temps, on y gagne.
Management 101.
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Aller chéri, on tourne bien fort pour pas faire de grumeaux, pendant que maman va se reposer.
Et après tu enfournes 20 minutes à 200°.
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En réalité, le vrai soucis, c’est qu’on a du mal à accepter et à percuter qu’ils deviennent grands.
Inconsciemment on les “garde” petits en oubliant ou en retardant malgré nous le franchissement de certaines étapes essentielles, on manque parfois de lucidité… Et l’on réalise plusieurs mois plus tard qu’on est passé un peu à côté de la plaque.
Alors, pour ceux qui comme nous, n’ouvrent pas assez souvent le livre de Laurence Pernoud :
* Les biberons, il arrive un moment où il est préférable de les arrêter. Et si vous les continuez, il arrive un âge où 1,5 Litre de lait/jour, c’est trop. En fait.
Alors, on est plus des bébés, on jette les bibs’ et on se met à prendre le petit déjeuner comme les grands, dans des bols.

* La tétine… Que dire… Bah faites comme vous pouvez.
M’enfin franchement, à 14 ans, ça risque de devenir un peu ridicule…
L’anniversaire durant lequel en échange des cadeaux on remet la tétine.
Noël, où madame Tétine repart au pays des tétines imaginaires.
“Perte” et “oublis” dans des lieux prévus à cet effet (hôtel, taxi, avion, train, n’importe où. Mais c’est un peu lâche comme technique.)
Cérémonial d’enterrement dans une boite à chaussure dans le jardin…
N’IMPORTE QUOI, vous dis-je.
Mais il faut qu’elle disparaisse vraiment.
Sinon elle revient.
C’est comme les boomerangs.
* Les lits : il arrive un stade ou il faut retirer les barreaux. En fait.
Je sais, c’est l’horreur.
Ils se fracassent au sol toutes les nuits.
Mais c’est important.
Notamment pour envisager de retirer la COUCHE de la nuit.
Enfin bref.
Dernier conseil : relire ce paragraphe tous les soirs au coucher, accompagné d’une gorgée de Porto.
“Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit, parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même, ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes, car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous, car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.
Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.“
Extrait du Prophète, Khalil Gibran.
Très joli post… Snif, effectivement je me revois arrêter les bibs, le lit à barreaux, la propreté… Les miens ne sont plus à l'âge tendre de 3 ans (6 ans pour l'aînée et 5 ans pour les deux terreurs), et là en lisant ça manque d'un coup. Mais faut bien qu'ils grandissent, c'est vrai !Amicalement,Gisèle
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Oui n est ce pas Gisele, nous passons tous par là… Pas facile !Au plaisir de vous relire !Pom
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